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Fiche environnement
Neige et avalanches en Haute-Maurienne

La neige

Maillon indispensable à la pérennité de toute vie en altitude, la neige peut être "la meilleure ou la pire des choses". Son manteau assure une isolation efficace aux végétaux aux animaux et aux humains contre les morsures du froid hivernal.
Fondante, elle alimente villages et villes en eau potable et contribue à l'irrigation et à la fourniture d'énergie hydraulique (barrage du Mont-Cenis).
Poudreuse, elle fait la joie des skieurs de pistes ou de fond qui découvrent Val-Cenis, Bessans, Bonneval, Aussois, La Norma...
Consolidée, transformée en "neige de printemps", elle permet alors Ies randonnées d'altitude vers le glacier des Evettes, l'AIbaron ou d'autres sites merveilleux.
Mais lorsque la pente se décharge brusquement de ce lourd fardeau, elle devient avalanche dévastatrice des alpages et de la forêt, ou meurtrière, si elle surprend I 'habitant sédentaire dans sa demeure ou bien le randonneur dans sa course.


Histoire de la neige saisonnière

Née de la condensation de la vapeur d'eau atmosphérique la neige tombe du nuage après un voyage fort long. Le caprice des températures imprime une géométrie variée aux cristaux et la "neige fraîche" se présente en étoiles, colonnes, plaquettes, de masse volumique comprise entre 50 et 150 kg/m3.

Le vent, soufflant pendant ou après la chute, les transforme en grains très fins, tassés l'un contre l'autre (200-300 kg/m3). Déjà "vieille neige", c'est la plaque à vent qui tend son piège sournois sous le ski du randonneur.

Par l'influence d'autres facteurs internes ou externes au manteau neigeux, la neige se consolide ou se déstabilise. Consolidation par tassement résultant de l'effet de températures voisines de 0° C, que l'on nomme métamorphose d'isothermie. Strate fragile de givre en profondeur engendré par de sensibles différences de températures entre la surface et la base de la couche de la neige (métamorphose de gradient). Perte de cohésion lorsque des températures hivernales élevées amènent une fonte trop rapide, métamorphose que l'on observe aussi en avril-mai ou le cycle dégel diurne-regel nocturne donne cette "neige de printemps" aux grains grossiers, mais agréable à skier à mi-journée (métamorphose de fonte).

Les cristaux de neige et leur transformation

Fig. 1 - Les cristaux de neige et leur transformation


Les neiges rouges

Si dès le Moyen Age on signale des "pluies de sang". il faut attendre le XVIllème siècle pour que soit révélée l'existence de "neiges rouges". A I'origine de cette coloration superficielle de la neige deux causes sont possibles:- présence de substances minérales (sables, cendres volcaniques, limons à oxydes de fer), accompagnées d'une fraction organique assez forte et attestant l'origine africaine. Ces dépôts peuvent provoquer une détérioration rapide des pistes en accélérant l'effet du rayonnement solaire.- très localement la neige peut se teinter par suite de la présence en surface de micro-organismes vivants (algues principalement) qui vivent et se multiplient sur les cristaux de vieille neige dont la température est proche de 0°C.


Les avalanches

Sur les pentes très raides à une altitude où l'arbre ne pousse plus, le manteau neigeux est souvent prêt à glisser. Que le poids d 'une nouvelle chute de pluie ou de neige, la surcharge accidentelle du passage de l'animal ou de l'humain excèdent les forces de cohésion, de frottement, la résistance des ancrages, et le manteau se déchire, la masse neigeuse glisse soudainement.
Coulée de faible importance de neige récente, sans cohésion, un peu humide ou mouillée elle se transforme en avalanche suivant l'épaisseur de neige et la longueur du trajet.
Avalanche de poudreuse avec son panache qui caractérise une neige froide, légère, sans cohésion, dévalant tout droit à plus de 100 km/h, sciant l'arbre, renversant la maison, noyant le malheureux pris dans son sillage.
Cicatrice en travers de la pente, indice de départ d'une plaque de neige déjà vieille, compacte, solide, cachant de fragiles fondations qui cèdent sous la surcharge, amas de blocs énormes, neige salie par un mélange de végétaux divers tels sont les signes évidents de l'avalanche de fonte et de fond que son habituel couloir a conduit vers la vallée, lorsque le redoux hivernal ou printanier a eu raison de sa résistance à dévaler la pente.

Les différentes avalanches

Fig. 2 - Les différentes avalanches


Comment se protéger de l'avalanche ?

Il existe deux types de défenses :

- une défense permanente très développée depuis 30 ans avec le souci de protéger les habitants de la montagne et leurs biens. Cette défense permanente, c'est à la fois la cartographie des zones avalancheuses par le Centre Technique du Génie Rural des Eaux et Forêts (CTGREF) de Grenoble, la création de I'Association Nationale d'Etude de la Neige et des Avalanches (ANENA), le reboisement ou les ouvrages tels que banquettes, râteliers, les digues qui dévient les avalanches vers les zones inhabitées, les galeries protégeant les routes...

Etrave ou "tourne"

 

Construction de banquettes étroites
Etrave ou "tourne"
Construction de banquettes étroites
Toit buse
Batelier/Claie

Toit buse

Batelier/Claie

 

- une défense temporaire: bulletins de prévisions de risques diffusés par le Centre d'Etudes de la Neige (CEN), les déclenchements préventifs de petites avalanches ou encore le petit appareil émetteur emporté par le randonneur.


Importance des chutes et variabilité hivernale

Bien protégée à l'Ouest par l'écran de la Vanoise, la Haute-Maurienne reçoit des précipitations nettement moins élevées que les autres massifs, Préalpes et Massifs Centraux, cependant les hivers sont très variables, ainsi:

  • à Bessans ( 1.740 m) 550 cm en moyenne, au Mont-Cenis (2.050 m) 417 cm, à Termignon (1.280 m), 358 cm, mais au col de Porte, en Chartreuse, a 1.300 m, 634 cm !
  • en 24 heures avec la "lombarde" venue d'Italie 172 cm à Bessans le 5 avril 1969, mais seulement 12 à Termignon !
  • à Bessans, 276 cm pendant l'hiver 1972-1973, mais 813 en 1965-1966, hiver qui vit malgré tout très peu d'avalanches car la neige tombant régulièrement put se fixer sur les pentes, et 880 cm en 1979-1980 qui est donc l'hiver le plus enneigé qui ait été observé.
  • dans l'hiver 1897 personne n'ose sortir de Bonneval tant la neige était épaisse, mais en 1963-1964, de Noël à Pâques l'épaisseur ne dépasse pas 30 cm (sauf le 2 avril, 70 cm)...

Bonneval sous la neige

Quelques livres ou études à lire...

  • A.N.E.N.A. - Revue "neige et avalanches", Grenoble
  • CAILLAT(P. et B.) - Connaître et prévenir les avalanches (Albin Michel, 1972, 163p.)
  • JAJL (M.) - Haute Maurienne, pays du Diable (Allier-Didier-Richard, 1977, 241 p. fig., tabl., photo)
  • PAHAUT (E.) - Les cristaux de neige, leurs métamorphoses (Météo-Nat., 1975, 58p.)
  • PEGUY(CH.P.) - La neige (P.U.F. 1968, 120 p. rééditions)
  • REY (L.) - La neige, les avalanches (ANENA 1976, 120 p, fig., ph.)
  • TRAYNARD et ALII - Ski de montagne (Arthaud, 1974, 230p., fig.,ph.)

Laurent REY (C.E.N. Grenoble) et la Commission Formation Education du ClS.

Figures dessinées d'après l'auteur par M. PELLETIER






CENTRE INTERNATIONAL DE SEJOUR DE VAL-CENIS
La Maison de la Montagne 73480 Val-Cenis Lanslebourg
Tél. : 04 79 05 92 30 - Fax : 04 79 05 80 88 - Email : info@cis-valcenis.com

Site mis à jour le 21 Octobre 2004
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