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Fiche environnement
Animaux de Haute-Maurienne


Comme les plantes, les animaux de montagne tirent leurs origines d'ancêtres très divers isolés par les glaciations et d'espèces de plaine capables de vivre à ces altitudes. S'y ajoutent, pour quelques oiseaux et mammifères, des espèces repoussées vers les montagnes par la destruction de leur milieu ou la chasse dont ils sont l'objet à plus basse altitude.
Tous ces animaux sont adaptés aux conditions écologiques montagnardes que nous avons déjà évoquées, qu'il s'agisse d'insectes, de reptiles, d'oiseaux ou de mammifères.


Adaptations les plus évidentes

- Couleur: beaucoup d'animaux de montagne sont noirs (au moins dessous) alors que les espèces voisines de la plaine sont claires. Tels sont de nombreux insectes, les limaces, les salamandres, le chamois en hiver, les vipères. Le mélanisme a un effet protecteur contre la neige, le rayonnement ultraviolet et le froid atmosphérique.
Par contre, la couleur blanche prise en hiver par le lagopède, l'hermine ou le lièvre variable (blanchot) est un moyen de protection non contre le froid mais contre les prédateurs.

- Pelage: tous les mammifères muent mais les "montagnards" revêtent en hiver un pelage plus long et plus fourni.
Le blanchot a une trace bien caractéristique avec ses pattes poilues qui empêchent d'enfoncer dans la neige à la différence de son cousin, le lièvre brun (qui fréquente très volontiers les mêmes secteurs).
De même, les tétras et lagopèdes ont les doigts emplumés.

Lièvre variable

Lièvre variable

- Comportement:
  • réduction ne l'activité hivernale
  • migration partielle (le chamois descend en forêt, le tichodrome dans les falaises du midi)
  • hibernation partielle (blaireau) ou hibernation quasi totale (marmotte)
  • vie sous la neige (tétras, campagnol...)

Adaptations plus discrètes

  • sang plus riche en globules rouges des espèces montagnardes
  • reproduction vivipare des vipères, lézards (lézard vivipare) et salamandre noire (qui peut aussi prolonger la durée de sa gestation, comme la péliade)

Vipère

Vipère

  • retard dans la métamorphose des larves de triton alpestre et de la grenouille rousse.
  • Grenouille rousse

    Grenouille rousse

 


A chacun son habitat

On ne trouve pas n'importe quel animal n'importe où. Bien qu'adaptés à la montagne, la marmotte, le petit tétras (petit coq de bruyère) et la gélinotte manquent dans les Pyrénées qui figurent par contre dans I'aire géographique du lagopède et du grand tétras.
De plus, chaque espèce utilise les ressources d'un milieu bien défini, son biotope. En toutes saisons, le bouquetin se trouve toujours dans des pentes plus abruptes et rocheuses que le chamois. La bartavelle se tient dans des pentes plus abruptes et rocheuses que le chamois. La bartavelle se tient dans les pelouses pierreuses sèches et ensoleillées, le petit coq dans les vallons frais (airelles et rhododendrons) en lisière du mélézin, le lagopède dans les cirques d'éboulis bien au-dessus de la zone subalpine. La péliade dans des secteurs plus humides que l'aspic, etc..

 

Campagnol des neiges

Quelques exemples de chaînes alimentaires
en milieu montagnard

Comme sur le reste de la planète, ce sont les végétaux (seuls êtres vivants capables d'utiliser l'énergie solaire pour créer de la matière vivante) qui sont à la base de toute nourriture.
Remarque : Les tétras, gélinotte et lagopède sont les seuls oiseaux à pouvoir utiliser la cellulose des tiges pour leur alimentation. Ils sont d'ailleurs sédentaires, ayant de la nourriture à leur disposition toute l'année.
Les végétaux (herbe des patûres, racines, graines, tiges et feuilles...) sont broutés par des herbivores (aussi bien la vache que la chenille ou le petit tétras !) qui sont à leur tour mangés par des carnivores lesquels peuvent toujours finir dans le ventre d'un plus fort, etc..
Dans la réalité à part quelques spécialistes (exemple: aigle Jean le Blanc mangeur exclusif de serpents), les conditions locales déterminent les proies disponibles à un moment donné et les chaînes alimentaires sont souvent complexes.
Compte tenu de l'énergie dépensée à chaque niveau pour le fonctionnement des organes, la reproduction, les déplacements, etc.. il faut des tonnes de végétaux pour nourrir des quintaux d'herbivores qui ne pourront être mangés que par des dizaines de kg de carnivores, proies à leur tour de quelques kilos seulement de super prédateurs (aigle, par exemple).
Toute intervention humaine sur l'un quelconque de ces niveaux peut donc avoir des conséquences difficilement prévisibles...


Marmottes

Marmottes


Quelques livres a lire...

  • SCHAER, FAVARGER, VEYRET, HAINARD et autres - Guide du naturaliste dans les Alpes (Delachaux Niestlé) 1972, 421 p., fig., phot.)
  • J.M. BAUFLE et J. P. VARIN - La chasse photographique (Hachette)
  • O. FARBER - Les animaux des montagnes (Stock 1965)
  • M. COUTURIER - Le gibier des Alpes françaises (Arthaud)
  • LEBRETON et autres -Savoie vivante (Mars et Mercure - Strasbourg S.A.E.P. Colmar Ingersheim)
  • PREBEN, BANG, DAHLSTROM - Guide des traces d'animaux (Delachaux Niestlé)
  • P. HUTTER et M. GLAUSER - Les chamois et les bouquetins (Atlas visuels Payot 1974 Collection. "Comment vivent-ils ?")

MICHEL HORTIGUE et la Commission Formation Education du ClS.

Dessins de R. FRITSCH



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Site mis à jour le 21 Octobre 2004
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